Ouf de soulagement. J'ai survécu à ma deuxième apocalypse. Personne a subitement disparu de la surface de la Terre. La fin du monde n'était donc pas pour hier comme l'avait programmée certains spécialistes. Toujours est-il que l'annonce de cet événement a fait grand bruit aux quatre coins du globe. Pourtant le silence de Paco Rabane, le plus grand de tous les spécialistes, était bien la preuve que tout ce remue-ménage n'était que pur fantasme, pure supercherie. Il n'y avait vraiment pas de quoi s'inquiéter.
Hier à 10 heures 28, c'est près de Genève que l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (Cern) a mis en service son accélérateur de particules géant. Nom de code : LHC, Large Hadron Collider (comprenez Grand collisionneur d'hadrons). Composé d'un anneau de 27 kilomètres, cet outil de travail devrait permettre aux chercheurs de recréer les conditions du Big Bang ainsi que d'étudier le bozon de Higgs, particule instable jusqu'alors jamais observée.
Mais pourquoi la fin du monde s'est-elle invitée à ce festin ? Cette avancée technologique a le pouvoir de faire apparaître de minuscules trous noirs. Dans l'imaginaire des gens, un trou noir est un monstre glouton qui avale tout sur son passage : ce n'est donc pas une vulgaire petite planète toute de bleu vêtue qui le couper dans leur élan. Pour autant cette croyance n'est pas éloignée de la réalité, c'est pourquoi les scientifiques du Cern ont tenu à rassurer les populations, les trous noirs créés par le LHC sont si minuscules qu'ils devront se contenter de particules infiniment petites pour satisfaire leur appétit vorace. Pas de quoi en faire tout un plat.
Toutefois, l'inquiétude s'est emparée de l'Élysée et des téléspectateurs de TF1. Hier, 20 heures, le journal télévisé. Trente minutes d'informations, zéro trace de Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, 13 heures, le journal télévisé. Rebelote. Infiniment petit ont-ils dit ?