Quatrième jour à Cork. Au moment même où je tape ces quelques mots, un rayon de soleil me réchauffe le cou et m'empêche par la même occasion de bien voir l'écran. Je commence à avoir l'habitude, le soleil en Irlande c'est la seule chose que je connais. Toujours pas la moindre goutte de pluie. Pourvu que ça dure.
Hier, la ville de Cork ouvrait ses portes à l'occasion de sa Culture Night Cork 2008. Tous les musées étaient gratuits ainsi que les transports en commun. C'est donc avec les gens de Loyola (dénomination de la maison où j'habite actuellement) que je me suis enfoncé dans les rues de la ville. Après avoir rejoint d'autres Français - décidément ce n'est pas comme ça que je vais progresser en anglais - nous nous dirigions vers l'observatoire de la ville. Arrivés à l'arrêt de bus, on nous informe qu'il n'y en a plus, il est 21 heures. Maintenant je le saurais : quand les Irlandais parlent de Night ça signifie jusqu'à 21 heures, 22 heures avec un peu de chance.
Heureusement Matthieu, notre organisateur d'un soir, a plus d'un tour dans son sac. Ils nous proposent d'aller à la National Sculpture Factory. Nous sommes les derniers ou presque. Ce musée est un musée vivant, pas question d'exposer des oeuvres achevées, ici les sculpteurs travaillent sous le regard des visiteurs. Pour le coup ils sont presque tous déjà partis, visiteurs comme artistes. Je m'arrête devant une machine tout droit sortie de retour vers le futur. Un mécanisme complexe pour répéter un mouvement infini. Le concepteur : un savant fou, fou mais passionné. À coup de photos et de dessins il explique son travail. Dommage que je ne comprenne pas tout...
La soirée n'est pas finie, on ne se laisse pas abattre. Direction les quais de la Lee - rien à voir avec les acteurs asiatiques, c'est juste le nom de la rivière locale - pour boire un verre. Là, un spectacle déroutant s'offre à nous. Une station météo dernier cri est installée dans une grande boîte en plastique. Il fallait y penser. Le vent dans les espaces clos, il n'y a que ça de vrai. Puis, nous traversons toute la ville pour atterrir au Triskel, une salle d'exposition. Elle est encore ouverte, il est 23 heures. Peut-être aurait-elle mieux fait d'être fermée. Boring pouvait-on lire dans le livre d'or, boring résonnait dans ma tête. Des oeuvres à plus de 500 euros, des oeuvres qui ne m'évoquent rien. Seule pièce qui mérite que l'on s'attarde un peu devant : une bande son sous un cadre, dessus il est inscrit : "sur cette bande est enregistré un bris de glace, si vous désirez l'écouter veuillez casser la vitre".
Des écouteurs, un briquet et des vinils plus tard. Il est l'heure d'aller au pub rejoindre d'autres personnes. Espagnols, Français, toujours pas d'Irish en vue. Je me réserve ça pour plus tard. Cette soirée aura tout de même été riche en enseignements et en rencontres. Même s'il s'y passe des choses un peu bizarre, ce pays me plaît.