Encore une journée ensoleillée, elle est pas belle la vie ?
Depuis quelques jours, ayant déjà accompli les différentes démarches administratives qui m'incombaient pour pouvoir travailler ici, je profite de chacune de mes journées pour aller me promener aux quatre coins de la ville et pour prendre des photos. Jamais sans mon appareil photo je marche. Jamais sans mon appareil photo je risque ma vie à chaque coin de rue.
Les Irlandais sont des fous du volant. Ils roulent à gauche, c'est un fait. Pour le petit Français que je suis ce n'est déjà pas évident de s'y habituer, mais alors ce qui n'est pas stipulé dans le code de la route irlandais, c'est qu'ils roulent comme des pieds. Peut-être profitent-ils du fait que les piétons, à l'inverse de la France, ne jouissent d'aucun droit. Certaines rues sont dépourvues de trottoirs, la plupart ne disposent d'aucun passage piéton. Que du bonheur !
Je vais tout de même nuancer mes propos en soulignant les efforts visibles dans le centre-ville. Il y a même de quoi être jaloux. Les passages cloutés disposent d'un système sonore : des bips espacés lorsqu'il est dangeureux de traverser la chaussée et un enchaînement de bips très rapide lorsque le petit bonhomme passe au vert. Par ailleurs, un compte à rebours s'affiche automatiquement lorsque le signal est vert pour indiquer au piéton le temps qu'ils leur restent pour tenter une traversée.
Quelle chance ! Je suis toujours vivant, pourtant, aujourd'hui, je me suis aventuré en territoire inconnu, bien loin de la civilisation. Dans cette contrée lointaine, non loin de l'ancienne prison, les gens ne doivent pas encore avoir eu vent de la nouvelle technologie qui s'est emparée du centre-ville. Une heure sans voir le moindre passage pour piétons, une heures à marcher sur une poutre - un trottoir, i'm sorry - de vingt centimètres de large. Heureusement l'expédition valait cette prise de risque.
Et dire que je compte m'acheter un vélo... un vent de folie se serait-il emparé de moi ?